Principe et Conséquence

Définitions
Principe
Du Latin principium : ce qui est premier ; fait premier. Principe se dit de ce qui n’est précédé par rien et dont les autres choses découlent.
Les principes mêmes de la raison forment les axiomes purement formels qui régissent toute la pensée : Principes de Contradiction, d’Identité, de Raison et de Causalité (cf. Aristote, Leibniz, Kant).
Concept de vérités premières ou de propositions qui servent à démontrer les autres vérités, mais ne peuvent elles-mêmes être démontrées, en vertu de leur caractère premier et de leur simplicité.
En logique, un principe est l’hypothèse qui sert de base à mon raisonnement : les anciens mathématiciens distinguaient ainsi les axiomes (vérités évidentes), les postulats (que l’on demande d’admettre pour permettre la démonstration) et les définitions (que l’on pose). Ce sont là trois types de principes à partir desquels on va démontrer les propositions mathématiques plus complexes, notamment les théorèmes. Ceux-ci, à leur tour, pourront servir de principes pour des démonstrations ultérieures.
Conséquence
Du latin consequi : suivre. Conséquence, se dit précisément de ce qui découle alors du principe ou de son observation.
En logique : Conclusion nécessaire ou proposition impossible à nier sans se contredire, une fois les principes (de contradiction, d’identité et de tiers exclu) admis. Dans l’ordre logique, si l’on considère la déduction, le principe est la proposition d’où l’on tire les suivantes appelées conséquences.
Pour Approfondir
Le principe désigne donc ce qui est premier, aussi bien dans l’ordre de l’être que de la connaissance ou de l’action. Est premier ce qui ne dépend pas de quelque chose d’antérieur, que ce soit chronologiquement ou logiquement. Une conséquence est ce qui découle (ce qui « suit ») de ce point de départ.
Dans l’ordre de l’être, le principe est cause première ; dans l’ordre de la connaissance, il est axiome ; dans celui de l’action, il est norme universelle. Du principe, quel qu’il soit, découlent des conséquences selon un ordre de nécessité logique. Ces conséquences ne font qu’expliciter le contenu du principe.
Des principes logiques d’identité, de non-contradiction et du tiers-exclu (les deux derniers étant d’ailleurs contenus dans le premier) se déduisent toutes les règles d’une pensée formellement valide.
Du principe moral selon lequel tout être humain doit être considéré comme une fin et non comme un moyen, nous tirerons en toute rigueur, entre autres, la conséquence qui veut que toute règle morale doit valoir universellement. La cause première, c’est-à-dire la cause qui n’a pas d’abord été effet, contient la totalité de la chaîne des événements (tour à tour causes et effets) qui lui succède.
Les principes ont un caractère irréfutable car on ne peut les nier sans se contredire. Ainsi il est impossible de nier le principe du tiers-exclu, puisqu’en le niant on l’applique.
De même, la vérité première la plus célèbre en philosophie est le cogito de Descartes, « Je pense, donc je suis », dont il fait le premier principe de la philosophie : il est impossible de douter qu’on pense, puisque douter c’est penser et qu’il n’y a pas de pensée sans être. Cette vérité est donc une vérité première car elle est universelle et indubitable. On peut en effet douter de tout, sauf de son existence en tant que conscience, que sujet pensant. L’évidence du cogito sera le modèle de toutes les vérités premières.
Pour Pascal, il y a deux sortes de vérités : d’un coté les premiers principes qui sont l’objet d’un sentiment immédiat du cœur, et de l’autre les déductions qui sont l’affaire de la raison. Ces premiers principes sont les vérités premières, indubitables et intuitives. Pour Pascal, Dieu est un des principes premiers car le cœur nous assure intuitivement, directement de la présence de Dieu. Le cœur est le seul moyen d’atteindre les vérités premières, les premiers principes de la philosophie.
Bachelard nous dit que « il n’y a pas de vérités premières, il n’y a que des erreurs premières ». Il n’existerait non pas des vérités premières, mais des erreurs premières, que nous prendrons pour définitives, pour vérités immuables, alors qu’en fait nous nous trompons nous-mêmes. Les vérités premières sont donc des illusions.
L’argument de la régression à l’infini implique qu’il n’y aurait pas de vérité possible parce qu’il n’y aurait aucune vérité première autosuffisante, c’est-à-dire qui n’aurait pas besoin de preuve pour être établie. Toute preuve exige une preuve antérieure, d’où l’idée de régression à l’infini. Aucune preuve ne peut donc établir une vérité absolument. A cela, la philosophie classique (Descartes, Spinoza, Leibniz), autrement dit le rationalisme répond qu’il y a des évidences, i.e. des jugements qui n’ont pas besoin d’être prouvés. En effet, une évidence, c’est un jugement qui s’impose à l’esprit de telle sorte qu’on ne peut penser autrement ce qui est jugé.

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