- Georges Sand (1804-1876)

Extrait de Lettres d’un voyageur
« On ne nous avait certainement pas assez vanté la beauté du ciel et les délices des nuits de Venise. La lagune est si calme dans les beaux soirs que les étoiles n’y tremblent pas. Quand on est au milieu, elle est si bleue, si unie, que l’oeil ne saisit plus la ligne de l’horizon, et que l’eau et le ciel ne font plus qu’un voile d’azur, où la rêverie se perd et s’endort. »
- Taine Hippolyte (1828-1893)

Extrait de Voyage en Italie, À Venise
« C’est la perle de l’Italie ; je n’ai rien vu d’égal ; je ne sais qu’une ville qui en approche, de bien loin, et seulement pour les architectures : c’est Oxford. Dans toute l’a presqu’île, rien en peut être comparé. (…) Quand ensuite on regarde ces palais de marbre, ces ponts de marbre, ces églises de marbre, cette superbe broderie de colonnes, de balcons, de fenêtres, de corniches gothiques, mauresques, byzantines, et l’universelle présence de l’eau mouvant et luisant, on se demande pourquoi on n’est pas venu ici tout de suite, pourquoi on a perdu deux mois dans les autres vielles, pourquoi on a pas employé tout son temps à Venise »
- De Lagenardière Raoul
Extrait de 33 jours en Italie (13 avril-16 mai 1898), 1899
« Venise, élégamment nommée par un poète américain « la fiancé des mers » est une vielle faite de quinze maisons, toutes bâties sur pilotis (…) Très curieuses et très accidentées, les ruelles de Venise : des espèces de trottoirs, posés sur pilotis, courant le long des bâtiments.
Elles traversent un hôtel, côtoient un palais, enjambent un canal et viennent mourir sur un semblant de place. Les véritables rues de Venise sont les canaux (…). Tous les transports se font en bateau (…) les visites se rendent en gondole. (…) Du côté de la pleine mer , Venise est fortifiée contre ses assauts par une rangée de dunes, qui s’allongent à droite et à gauche à deux ou trois kilomètres de la vielle. La masse d’eau comprimée par les dunes, qui baigne Venise et la banlieue, s’appelle les lagunes. Quel calme ! quel silence ! »
- Bellenger Alfred
Extrait de A travers l’Italie, souvenirs de voyage, Chapitre XII, 1882
« Vue de loin, Venise ressemble à une flotte d’édifices mouillées au large (…) J’y arrivai le soir ; un vaste débarcadère reçut les voyageurs au bord du grand canal. On entassa mes malles dans une gondole, qui me conduisit à l’hôtel de l’Europe. Cette auberge établie dans l’ancien palais Giustiniani, est située à l’autre extrémité de la ville. De cette façon, j’eus en quelques instants une idée générale de la reine de l’Adriatique.
Je montai de suite au balcon de l’hôtel, pour y jouir d’un magnifique panorama q’un soleil couchant dorait de ses rayons obliques. J’étais à l’entrée du grand canal, en face la douane de mer, bel édifice supportant deux hercules, agenouillée dos à dos, et soutenant de leurs robustes épaules un globe, sur lequel tourne une statue nue de la Fortune (…) et tenant les deux coins d’un voile qui forme une girouette et tourne à la moindre brise. »
- Cordier Alphonse
Extrait de A travers la France, l’Italie, la Suisse et l’Espagne, 1865 et 1866.
« Cette ville nous a beaucoup plu (…) Ce qui nous frappa le plus au sortir de la gare, ce fut l’absence complète d’omnibus et des voitures, qui ont coutume de stationner près de la porte de tous les chemins de fer. Mais en revanche, il y avait une foule de gondoles devant le petit port du débarquement. (…) Venise étant entièrement bâtie sur les
eaux et ne se composant que d’îlots nombreux, très rapprochés
les uns des autres, les canaux et les ponts sont les seuls moyens de communication que ses habitants puissent avoir entre eux. (…) Venise est donc, malgré tout une ville unique au monde, et pas ses rues liquides, et par son profond silence qui n’est guère interrompu que par le son des cloches et la voix des rameurs. (…) Mais ce qui rend Venise bien autrement remarquable que son titre de Reine de la mer Adriatique, ce sont les richesses monumentales et artistiques qu’elle a su amonceler dans son sein. Quel spectacle magnifique et grandiose vous présente la Piazzetta, quand vous y arrivez en gondole ! »
- Théophile Gautier (1811-1872)

Extrait de Quand on voyage, 1865
« La plus singulière ville du monde, à coup sûr, c’est Venise, cet Amsterdam de l’Italie. On l’a décrite mille fois, elle est toujours aussi nouvelle. (…)
Venise ne ressemble qu’à elle-même. Ce n’est ni une ville gothique ni une ville romaine : c’est quelque chose qu’on ne saurait définir. Cette architecture étrange et magnifique n’a rien de commun ave celle que vous connaissez. Ces belvédères sur le sommet des toits, ces cheminées en forme de colonnes et de tours ; ces grands palais de marbre aux fenêtres en arcade, aux murs bariolés de fresques et de mosaïques, aux frontons hérissés de statues ; ces églises avec leurs clochers de formes si variées, dômes, coupoles, flèches, aiguilles, tourelles, campaniles ; ces ponts aux arches sveltes et hardies tout chargée de sculptures ; ces piazzas pavées en marqueterie ; ces canaux qui se croisent en tout sens, doublant dans leur clair miroir les maisons qui les bordent (…)
Tout cela en face de l’Adriatique, sous le ciel de Paul Véronèse, forme un spectacle extraordinaire et magnifique que l’on ne peut rendre avec des paroles et qu’on peut seulement imaginer. »