- Alexandre Dumas père (1802-1870)
Extrait de Une année à Florence, 1851
« Pendant l’été Florence est vide. (…) [et] devient comme Rome une vaste étuve du mois d’avril au mois d’octobre. (…)
Florence a donc deux aspects : son aspect d’été, son aspect d’hiver. Il faut en conséquence être resté un an à Florence, ou y être passé à deux époques opposées, pour connaître la ville des fleurs sous sa double face. L’été Florence est triste et à peu près solitaire : de huit heures du matin à quatre heures du soir, le vingtième de sa population à peine circule sous le soleil de plomb, dans ses rues aux portes et aux fenêtres fermées, on dirait une ville morte, et visitée par des curieux seulement. (…)
A quatre heures, le soleil tourne un peu (…) Les grandes portes s’ouvrent, les calèches sortent (…) et s’acheminent vers les Cachines. (…) Les Cachines, c’est le bois de Boulogne de Florence, moins la poussière et plus la fraîcheur. (…) Les Cachines forment deux promenades : la promenade d’été, et la promenade d’hiver. L’été on se promène à l’ombre ; l’hiver au soleil ; l’été au Pré, l’hiver à Lango-l’Arno. »
- Stendhal (1783-1842)
Extrait de Rome, Naples, et Florence II
« Florence, pavée de grands blocs de pierre blanche de forme irrégulière, est d’une rare propreté ; on respire dans ses rues je ne sais quel parfum singulier. Si l’on excepte quelques bourgs hollandais, Florence est peut-être la ville la plus propre de l’univers, et certainement l’une des plus élégantes. Son architecture gréco-gothique a toute la propreté et tout le fini d’une belle miniature. Heureusement pour la beauté matérielle de Florence, ses habitants perdirent, avec la liberté, l’énergie qu’il faut pour élever de grands édifices »
- III.Bellenger Alfred
Extrait de A travers l’Italie, souvenirs de voyage, Chapitre XI, 1882
« Dans les environs de Florence, la campagne ressemble à un verger, fertilisé par des eaux habilement ménagées, jaillissant des montagnes, d’où elles découlent limpides et bruyantes sur des lits de cailloux trop plats. (…) En se plaçant sur quelque éminence, on embrasse la ville et sa vallée d’un seul regard, la campagne est riante et respire le bien-être et le bonheur ; la terre, soutenue par des murs, forme des terrasses bien cultivées ; tout y a été tourné vers l’utile et le beau. (…). Chaque ville d’Italie a son caractère propre. A Florence, les vieux palais ressemblent extérieurement à des châteaux forts retraçant fidèlement l’historie monumentale des guerres civiles. (…) La vue de ces vieilles demeures féodales, noircies par les ans, austères et farouches comme le furent leurs possesseurs d’autrefois, impose une sorte de respect craintif.
De plus, cette alliance de constructions du moyen âge et de la Renaissance avec les constructions modernes donne à Florence un aspect particulier ; de sorte, que nous lisons écrits sur ses murs l’histoire de l’art et l’histoire des mœurs. Nous sommes ici dans la capitale de la Toscane, qui forme l’un des plus beaux compartiments de cette brillante mosaïque de l’Italie. »
- IV.Taine Hippolyte (1828-1893)
Extrait de Voyage en Italie, tome II
«Les pieds avancent sans qu’on y songe sur les grandes dalles dont toutes les rues sont pavées. Du palais Strozzi à la place Santa Trinità, la foule bourdonne, incessamment renouvelée. En cent endroits on voit reparaître les signes de la vie intelligente et agréable: des cafés presque brillants, des boutiques d’estampes, des magasins d’albâtre, de pierre dure, de mosaïques, des librairies, un riche cabinet littéraire, une dizaine de théâtres. Sans doute l’ancienne cité du quinzième siècle subsiste toujours et fait le corps de la ville; mais elle n’est pas moisie comme à Sienne, reléguée dans un coin comme à Pise, salie comme à Rome…»
- V.De Lagenardière Raoul
Extrait de 33 jours en Italie (13 avril-16 mai 1898), 1899
« Le soir venu, nous détendons notre esprit et nous reposons nos yeux en gravissant, dans une voiture bien suspendue, les rampes du Viale dei Colli à travers des villas, véritables petits nids couronnées de fleurs. Nous nous enivrons de l’air pur qui nous apporte, par bouffées, le parfum des roses, des orangers et des lauriers sur lesquels il a passé. A mesure que nous montons, la vue grandit à nos pieds (…). Dans le bas, au fond de l’hémicycle circonscrit par ces montagnes, s’étale le panorama de Florence : vaste plan de toits de même hauteur, coupé en deux parties inégales par l’Arno ; le niveau est dépassé seulement par quelques dômes et des tours élevées, qui désignent des églises ou des palais et semblent écraser la ville (…). Nous rentrons en ville par les Cassine, le bois de Boulogne de Florence. Un parc d’une lieue de long, assez étroit, aux bords de l’Arno, qui offre toutes les variétés de la campagne. »
- VI.Rosenthal Léon (1870-1932)
Extrait de Promenades dans Florence (1903)
« Sans doute il est certains aspects de la ville dont on ne saurait méconnaître le caractère : la place de la Seigneurie où s’élèvent le Palais Vieux et la Loggia dei Lanzi et d’où l’on aperçoit le Palais des Offices ; la place du Dôme où, près du Bigallo, on embrasse d’un même coup d’œil Sainte-Marie-des-Fleurs, le Campanile et le Baptistère agiront sur le voyageur le plus mal disposé. Mais bien des rues paraîtraient banales, plus d’un monument médiocre à celui qui aurait éprouvé ailleurs, les jours précédents, des impressions plus violentes et plus brutales. »