1. Flaubert (1820-1880) et la vallée du Nil

Extrait de Voyage en Egypte.

« Le soleil se levant en face de moi, toute la vallée du Nil, baignée dans le brouillard, semblait une mer blanche immobile, et le désert, derrière avec ses monticules de sable, comme un autre Océan d’un violet sombre, dont chaque vague eût été pétrifiée. Cependant, le soleil montait derrière la chaîne arabique, le brouillard se déchirait en grandes gazes légères, les prairies coupées de canaux étaient comme des tapis verts arabesqués de galon. En résumé trois couleurs : un immense vert à mes pieds au premier plan ; le ciel blond rouge = vermeil usé ; derrière et à droite, étendue mamelonnée d’un ton roussi et chatoyant. »

  1. Nerval (1808-1855) et l’arrivée en Egypte

Extrait de Voyage en Orient.

« L’Egypte est un vaste tombeau ; c’est l’impression qu’elle m’a faite en abordant sur cette plage d’Alexandrie, qui, avec ses ruines et ses monticules, offre aux yeux des tombeaux épars sur une terre de cendres. 

Des ombres drapées de linceuls bleuâtres circulent parmi ces débris. Je suis allé voir la colonne de Pompée et les bains de Cléopâtre. La promenade du Mahmoudieh et ses palmiers toujours verts rappellent seuls la nature vivante… »

  1. III.Louis Molosse (1870 -1896) à Thèbes

Extrait de Impressions d’Egypte

« Thèbes est la cité des ruines, du passé, de l’histoire (…) Thèbes est aujourd’hui la ville morte la plus grandiose par ses ruines, ses nécropoles, ses amas de décombres, la beauté des spectacles que l’œil peut y contempler.(…) 

La plaine s’étend, immense, de chaque côté du fleuve, dominée à l’ouest par les collines de l’Assassif au pied desquelles s’élèvent les temples de Qournah, de Médinet-Abou, de Deir-el-Bahari, de Deir-el-Médineh, le Ramesseium, les colosses de Memnon, avec, pour vis-à-vis sur l’autre rive, les ruines majestueuses de Luxor et de karnak. (…)

Contemplé la nuit, par un clair de lune, du haut d’un pylône monumental, Karnak produit un effet saisissant qui frappe la mémoire d’une marque impérissable, qui laisse dans la pensée une trace ineffaçable. »

  1. IV.Champollion (1790 -1832) au pied des pyramides de Gizeh

Extrait de Lettres écrites d’Egypte et de Nubie en 1828 et 1829

« J’ai transporté mon camp et mes pénates à l’ombre des grandes pyramides, depuis hier que, quittant Sakkarah pour visiter l’une des merveilles du monde, sept chameaux et vingt ânes ont transporté nous et nos bagages à travers le désert qui sépare les pyramides méridionales de celles de Gizeh, les plus célèbres de toutes, et qu’il me fallait voir enfin avant de partir pour la Haute-Egypte. (…)

Elles semblent diminuer de hauteur à mesure qu’on en approche, et ce n’est qu’en touchant les blocs de pierre dont elles sont formées qu’on a une idée juste de leur masse et de leur immensité. »

  1. V.Comte de Volney (1757-1820), Rosette et le Nil

Extrait de Voyage en Syrie et en Egypte, pendant les années 1783, 1874 et 1785

«  Ce n’est qu’à Rosette, appelée dans le pays Rachid, que l’on entre vraiment en Égypte : là, on quitte les sables qui sont l’attribut de l’Afrique, pour entrer sur un terreau noir, gras
et léger, qui fait le caractère distinctif de l’ Égypte ; alors, aussi pour la première fois, on voit les eaux de ce Nil si fameux : son lit, encaissé dans deux rives à pic, ressemble assez bien à la Seine entre Auteuil et Passy. Les bois de palmiers qui le bordent, les vergers que ses eaux arrosent, les limoniers, les orangers, les bananiers, les pêchers et d’autres arbres
donnent par leur verdure perpétuelle, un agrément à Rosette, qui tire surtout son illusion du contraste d’ Alexandrie, et de la
mer que l’ on quitte. Ce que l’on rencontre de-là au Caire, est encore propre à la fortifier. »

  1. VI.Chateaubriand (1768-1848) et Alexandrie

Extrait de Itinéraire de Paris à Jérusalem

« J’entrevoyais à ma droite des vaisseaux et le château qui remplace la tour du Phare ; à ma gauche, l’horizon me semblait borné par des collines, des ruines et des obélisques, que je distinguais à peine au travers des ombres ; devant moi s’étendait une ligne noire de murailles et de maisons confuses : on ne voyait terre qu’une seule lumière, et l’on n’entendait aucun bruit. C’était là pourtant cette Alexandrie, rivale de Memphis et de Thèbes »

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