Définitions


En acte

Du latin agere : agir
Etymologiquement, l’acte désigne ce qui est fait. Pour Aristote, l’acte désigne soit ce qui est en train de s’accomplir, soit ce qui est réalisé, achevé. Il a pour caractère de se suffire à lui-même et de se prolonger : on peut avoir été heureux et être heureux, alors que ce n’est pas parce qu’on a marché (puissance) qu’on marche encore.
Est donc « en acte » l’être pleinement réalisé, en fait. L’acte est ce que possède réellement un être. L’acte est antérieur à la puissance dans le sens où la puissance désire l’acte, va vers l’acte. L’acte est antérieur en tant qu’il est fin et que la fin est toujours présente avant sa réalisation.



En puissance

Du latin potentia : pouvoir de
Aristote appelle puissance « le principe du mouvement ou du changement, qui est dans un autre être ou dans le même en tant qu’autre » (Métaphysique).
La puissance est la faculté d’être changé ou mis en mouvement. Ce qui n’est qu’en puissance, par opposition à ce qui est en acte, est ce qui n’est pas encore réalisé, ce qui n’est qu’une virtualité.
Par exemple, tout être humain normalement constitué est en puissance un être parlant. Mais ce potentiel n’est actualisé qu’avec l’apprentissage de la langue maternelle au contact de ses semblables. La puissance est donc ce que possède une chose pour passer d’un état à un autre état. Un être qui ne manquerait de rien ne serait pas en puissance. Il serait acte pur (Dieu).


Aristote distingue deux puissances :

  1. la puissance passive est une simple possibilité indéterminée (tout bloc de marbre est, en ce sens, une statue en « puissance »), car elle ne passe pas à l’acte par elle même mais grâce à une action extérieure à elle.
  2. La puissance active est une possibilité qui tend à se réaliser (un œuf couvé contient un poussin en « puissance »).
    Est donc en puissance l’être qui peut par lui même ou par un autre accéder au plan de la réalité. Ce qui est en puissance
    se distingue de la réalité effective en acte.
    Pour approfondir

C’est à Aristote que nous devons cette distinction reprise par Hegel (cf. en soi et pour soi), devenue classique, entre l’être en puissance et l’être pleinement réalisé, c’est-à-dire en acte. Cette distinction permet de façon générale de penser la raison d’être d’un processus, d’un changement soit dans la nature soit chez l’homme.

L’exemple dont Aristote se sert le plus est celui de la statue : elle est en puissance contenue dans la pierre ou l’airain, et c’est le sculpteur qui l’actualise. Autrement dit, il distingue ce qui est réellement, effectivement, maintenant (en acte) ; et ce qui est potentiellement, virtuellement, c’est-à-dire ce qui peut être, qui tend à être mais qui n’est pas encore (en puissance).


L’acte est requis pour rendre compte de ce qui n’est pas en acte. Et réciproquement ce qui est en puissance, l’enfant, la graine, le projet, n’a pas en lui sa raison d’être. Ce qui signifie que l’acte précède la puissance.
La capacité de faire quelque chose peut être en acte chez un individu qui la possède, bien qu’elle ne soit qu’en puissance du point de vue de son exercice. Par exemple, tout être humain est en puissance un être parlant ; celui qui a appris à parler possède cette capacité en acte ; cependant, celui-ci n’est un locuteur en acte que s’il prend effectivement la parole.
Tout ce qui se meut est constitué d’acte et de puissance. Ce qui est en puissance n’est pas encore en acte, tandis que ce qui est en acte est déjà. L’acte est déjà réel. Mais un être ne peut, en même temps et sous le même rapport, être en acte et en puissance. Ces deux notions sont distinctes.


Dans le processus du changement, la puissance précède l’acte dans le sujet qui est conduit de la puissance à l’acte. Pourtant, en dernière analyse, l’acte précède la puissance, car ce qui est en acte doit être la source et la cause de l’être et du contenu essentiel des choses. L’acte précède la puissance selon le concept et selon l’essence.


Ce qui est, est acte. La puissance est par contre la potentialité à un acte. Il s’ensuit donc que, logiquement l’acte est plus parfait que la puissance, car est parfait ce qui existe, c’est à dire ce qui est en acte. Et pourtant, l’être en puissance est souvent considéré comme une plus grande perfection que l’être en acte. Car seul un acte pur serait totalement parfait. En effet, un acte pur, existe pleinement, c’est à dire à l’exclusion de toute puissance. Ainsi, seul un être absolument premier peut être acte pur.


Ainsi, cette distinction permet de penser le devenir des êtres : elle permet d’expliquer pourquoi un être change mais reste pourtant le même, et de penser la permanence des êtres malgré le passage du temps. Cette distinction aide notamment à penser la raison (le pourquoi ou/et le comment) d’un processus, d’une modification dans l’homme ou hors de l’homme (dans toute la nature).

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