Définitions


Croire

Du Latin credere : Croire, c’est avoir une représentation hypothétique du monde, sans forcément admettre qu’elle est seulement hypothétique. Autrement dit, c’est tenir pour vraie une proposition dont on ne détient pas la preuve définitive.
Croire, c’est aussi connaître sur le seul mais inébranlable fondement de mon sentiment (la foi).

Savoir


Du latin sapere : avoir de la saveur, de la pénétration, et par extension comprendre.


Savoir, c’est avoir une représentation vraie du monde, en sachant pourquoi elle est vraie.
Savoir : connaissance rationnelle fondée sur les principes de la logique et les lois de la nature (science), ou habileté technique (savoir-faire en un art, un métier ou un sport).
Savoir, ce serait connaître et être capable de communiquer  cette connaissance intellectuelle à d’autres esprits : être capable de pénétrer et de comprendre. C’est donc l’opposé de croire et le contraire d’ignorer.



Pour Approfondir



Croire c’est tenir pour vrai ce dont on ne détient pas la preuve, par opposition à ce dont on peut faire la démonstration (savoir).
« Croire » et « savoir » ne s’opposent pas comme « faux » et « vrai » : je peux croire quelque chose (« il va faire beau ») et que cela se vérifie, sans pour autant que cela ait été un savoir. Le savoir n’est donc pas seulement l’opinion juste mais il doit être accompagné de preuves.


On présente en général la croyance comme la relation de l’esprit à une proposition, et le savoir comme la relation de l’esprit à un fait.
Il s’agit donc de séparer le savoir et les croyances, ces dernières étant issues des habitudes de pensée, des traditions, etc. Le savoir se constitue contre la croyance.


La croyance est une simple opinion et la connaissance est un savoir vrai.

Ignorance et doute


L’ignorance n’est jamais un état statique et définitif ; tout esprit ignorant est toujours capable de savoir et de science ; cf. Descartes : « le bon sens est la chose au monde la mieux partagée ». L’accès au savoir passe par la reconnaissance préalable de son ignorance, et par la suspension du jugement (c’est le principe de la méthode socratique).


Le doute d’abord pratiqué par l’école antique du scepticisme est la suspension du jugement. Quand on ne veut pas préjuger (c’est à dire juger avant d’avoir tous les éléments pour le faire), on s’abstient. Descartes exploite le doute méthodique dans ses Méditations Métaphysiques : pour être sûr de découvrir en lui les premiers germes de toute connaissance, il feint de ne rien connaître et de remettre en doute tout ce qu’il a reçu comme des connaissances certaines depuis son enfance. Ce doute est radical mais à la différence du scepticisme il a pour but une représentation indubitable qui fonde une connaissance véritable.


La suspension du jugement vise alors à se déprendre des fausses certitudes ; elle est commandée par la volonté d’examiner le bien-fondé des affirmations ou des négations.


Aussi, l’élaboration du savoir (conçu comme savoir raisonné, construit, et non appris) passe par l’expérience du doute.

Opinion et certitude de la vérité



Les simples persuasions ou convictions, auxquelles correspond l’opinion, se distinguent essentiellement de la certitude propre à la vérité. Cette dernière est communicable et doit toujours être prouvée et argumentée alors que la conviction ou persuasion relève d’un point de vue strictement subjectif.

Différentes formes de croyances



Il faut ajouter que le terme « croyance » a des sens multiples puisque cela peut aller des croyances perceptives jusqu’à la foi en passant par la variété des opinions. Ainsi, la croyance peut-être synonyme d’opinion qui est l’attitude de l’esprit qui affirme quelque chose sans pouvoir en donner une preuve ; mais aussi, synonyme de foi qui est l’adhésion de l’esprit à des vérités qui ne sont pas connues par la raison.



Kant distingue trois degrés de la croyance:



  1. L’opinion est une croyance insuffisante subjectivement et objectivement car le sujet n’est pas certain de la vérité de ce qu’il énonce et il n’y a pas non plus de preuves de cette vérité dans l’objet.

  2. La foi est une croyance satisfaite d’elle-même, suffisante subjectivement mais insuffisante objectivement car si le sujet est bien convaincu de la vérité de sa croyance, celle-ci cependant ne repose pas sur des preuves objectives.

  3. La science est une croyance vraie suffisante à la fois subjectivement et objectivement, car la conviction ici s’appuie sur des preuves. La certitude véritable ne se borne pas à la simple conviction personnelle mais parce qu’elle repose sur des fondements objectifs, elle doit être partagée par tous, ce qui définit la valeur universelle de la vérité.

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